Hospitalisation : ce que révèle le panorama de la Drees, et ce que paie vraiment votre mutuelle

13,6 millions de patients ont été hospitalisés ou ont reçu une séance de dialyse, de radiothérapie ou de chimiothérapie en 2024, soit environ un habitant sur cinq : c’est le chiffre central du panorama « Les établissements de santé » que la Drees, le service statistique du ministère de la Santé, a publié dans son édition 2026.

Un rappel utile au moment où le forfait journalier hospitalier, lui, vient d’augmenter. Passage en revue de ce que disent ces données, et de ce que votre complémentaire santé doit réellement absorber le jour où l’hôpital s’invite dans votre vie.

Un Français sur cinq passe par l’hôpital chaque année #

Le panorama de la Drees, publié le 20 mai 2026 et mis à jour le 8 octobre 2026, dresse le portrait complet du système hospitalier français au 31 décembre 2024 : 2 962 hôpitaux et cliniques, 367 100 lits d’hospitalisation complète et 1,41 million de salariés.

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L’activité reste massive. Au-delà des 13,6 millions de patients pris en charge dans l’année, la Drees recense 10,8 millions de séjours avec nuitée, en hausse de 1,4 % sur un an, et surtout 21,3 millions de passages aux urgences, en progression de 2,5 % après un recul en 2023.

Autrement dit : l’hospitalisation n’est pas un risque lointain réservé aux plus âgés. Sur une année ordinaire, environ une personne sur cinq est concernée, et personne ne choisit la date.

Le virage ambulatoire se confirme

Deux mouvements de fond ressortent des données de la Drees. D’un côté, les lits d’hospitalisation complète continuent de diminuer : 2 300 lits de moins en 2024 (-0,6 %), même si la baisse ralentit par rapport aux années 2021-2023. De l’autre, l’hospitalisation sans nuitée explose : 91 000 places d’hospitalisation partielle (+2,9 % en un an) et 20,5 millions de journées, un niveau supérieur de 16,7 % à celui d’avant la crise sanitaire.

L’hospitalisation à domicile suit la même pente : 7,7 millions de journées en 2024, avec des séjours en progression de 10,4 %. Pour les patients, cela signifie des séjours plus courts, plus de soins réalisés en une journée ou à la maison — et une facture hospitalière qui change de visage.

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Forfait journalier : 23 euros par jour depuis le 1er mars 2026 #

C’est le point que beaucoup d’assurés découvrent au moment de la facture. Pour chaque journée passée à l’hôpital ou en clinique, y compris le jour de sortie, le patient doit un forfait journalier hospitalier qui couvre l’hébergement et l’entretien. Selon l’Assurance maladie, son montant est passé à 23 euros par jour à l’hôpital ou en clinique depuis le 1er mars 2026, et à 17 euros par jour en service psychiatrique.

Point essentiel : ce forfait n’est jamais remboursé par l’Assurance maladie, même en affection de longue durée. Une semaine d’hospitalisation représente donc 161 euros de forfait, à votre charge si votre complémentaire ne le couvre pas.

Qui est exonéré du forfait ?

L’Assurance maladie liste plusieurs situations d’exonération. Sont notamment dispensés : les femmes enceintes hospitalisées pendant les quatre derniers mois de grossesse, pour l’accouchement ou dans les douze jours qui suivent ; les nouveau-nés hospitalisés dans les trente jours suivant la naissance ; les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État.

S’y ajoutent les hospitalisations liées à un accident du travail ou une maladie professionnelle, les soins en hospitalisation à domicile, ou encore les assurés du régime d’Alsace-Moselle.

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Si vous n’entrez dans aucune de ces cases — c’est le cas de la grande majorité des actifs et des retraités —, c’est votre mutuelle qui fait la différence.

Ce qu’il faut vérifier dans votre contrat avant d’en avoir besoin #

Le forfait journalier n’est que la partie la plus visible du reste à charge hospitalier. Trois lignes de votre tableau de garanties méritent une lecture attentive.

Le forfait journalier, sans limite de durée. La plupart des contrats le prennent en charge, mais certains contrats d’entrée de gamme ou anciens plafonnent le nombre de jours couverts. Or les séjours longs existent, notamment en soins de suite ou en psychiatrie, où le forfait de 17 euros par jour court sur des semaines.

La chambre particulière. Elle n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie : son tarif est libre et varie fortement d’un établissement à l’autre. Si votre contrat la couvre, regardez le plafond journalier prévu et comparez-le aux tarifs pratiqués dans les cliniques proches de chez vous.

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Les dépassements d’honoraires. En chirurgie, l’écart entre un contrat qui rembourse 100 % de la base de la Sécurité sociale et un contrat qui monte à 200 % ou 300 % peut représenter plusieurs centaines d’euros sur une seule intervention, selon le secteur d’exercice du praticien.

L’ambulatoire change aussi la donne pour votre mutuelle

Le développement de l’hospitalisation de jour documenté par la Drees a une conséquence directe : pas de nuitée, pas de forfait journalier dans la plupart des cas, mais des frais qui se déplacent vers les honoraires, les transports sanitaires et les soins de ville qui suivent l’intervention. Un contrat pensé uniquement autour du « gros risque » hospitalier classique peut se révéler mal calibré si votre parcours de soins passe par l’ambulatoire ou l’hospitalisation à domicile, exonérée de forfait mais exigeante sur le suivi.

Ce qu’il faut retenir #

Les chiffres 2024 de la Drees le confirment : l’hôpital concerne chaque année un Français sur cinq, et les urgences 21,3 millions de passages. Face à cela, le forfait journalier à 23 euros, non remboursé par l’Assurance maladie, reste le socle minimal que toute complémentaire digne de ce nom doit couvrir sans limite de durée. Avant de comparer les mutuelles sur le prix, comparez-les sur ces garanties hospitalières : c’est le poste où l’écart entre deux contrats se mesure en centaines d’euros, précisément le jour où vous n’avez pas la tête à négocier.

Sources : Drees, « Les établissements de santé en 2024 », édition 2026 · Assurance maladie, le forfait hospitalier

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