Culottes et coupes menstruelles remboursées : ce que la mutuelle peut couvrir après les 60 %

Depuis le 1er octobre 2026, l’Assurance maladie rembourse les culottes et les coupes menstruelles achetées en pharmacie. Un mois après l’entrée en vigueur, l’Agence régionale de santé de Normandie a publié le 2 novembre une page de rappel sur le dispositif. Elle y insiste sur un point qui concerne directement les contrats de complémentaire santé : la Sécurité sociale ne rembourse pas tout, et c’est la mutuelle qui peut, le cas échéant, couvrir le reste.

Voici ce que prévoient les textes, qui en bénéficie et ce qu’il faut vérifier sur son contrat.

Qui peut se faire rembourser ? #

Selon la fiche d’actualité de Service-Public, mise à jour le 30 septembre 2026, deux publics sont concernés.

À lire Cures thermales : des sénateurs réclament un moratoire avant tout transfert vers les mutuelles

D’abord toutes les personnes assurées de moins de 26 ans, sans condition de ressources. Ensuite les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), sans condition d’âge.

Une femme de plus de 26 ans qui n’est pas à la C2S n’entre donc pas dans le dispositif, même si elle achète ses protections en pharmacie.

Quel taux de remboursement ? #

Le taux n’est pas le même pour les deux publics. L’ARS Normandie et Service-Public indiquent une prise en charge à hauteur de 60 % pour les assurées de moins de 26 ans et de 100 % pour les bénéficiaires de la C2S.

Pour les moins de 26 ans, il reste donc une part à payer. Les deux sources officielles emploient la même formule : le remboursement intégral reste possible, avec un reste à charge « qui peut éventuellement être couvert par la mutuelle ». L’ARS invite les personnes concernées à se renseigner directement auprès de leur complémentaire santé.

À lire Wegovy en comprimé : arrivée en pharmacie le 2 novembre, sans remboursement

Pourquoi la mutuelle n’est pas automatique

Le mot « éventuellement » compte. Rien dans les textes cités par Service-Public n’oblige les complémentaires à prendre en charge ce reste. Tout dépend donc du contrat souscrit, de ses garanties et de la façon dont l’organisme traite ce nouveau poste de remboursement.

En pratique, il est utile de poser la question par écrit à sa mutuelle, ou de consulter son tableau de garanties, avant l’achat. Les jeunes adultes encore couverts par le contrat d’un parent peuvent aussi vérifier si ce contrat familial prévoit le complément.

Quels produits sont concernés ? #

Le dispositif couvre deux catégories de protections réutilisables : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles. Les serviettes et tampons jetables n’en font pas partie.

Tous les modèles ne sont pas éligibles. Service-Public précise que les produits doivent figurer sur une liste fixée par le ministère de la Santé et répondre à des exigences techniques :

À lire Affections de longue durée : ce que le « 100 % » ne rembourse pas, selon la Drees

Pour les culottes menstruelles, une certification Oeko-Tex Standard 100 de classe I ou II et une capacité d’absorption supérieure à 12 ml. Pour les coupes, une certification Ecolabel européen ou des tests selon la norme ISO 10993-1, avec une contenance de 20 ml ou moins, ou comprise entre 20 et 30 ml.

Combien de produits et où les acheter ? #

La prise en charge est limitée à deux produits par an. Le décompte démarre à la date du premier achat et se renouvelle de date à date, et non au 1er janvier.

Seuls les produits délivrés en pharmacie sont concernés. Un achat en grande surface ou sur un site marchand n’ouvre pas droit au remboursement, même pour une référence identique.

Les textes qui encadrent la mesure #

Le dispositif découle de l’article 40 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024. Service-Public cite le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026, publié au Journal officiel le 18 avril, l’arrêté du 6 août 2026 qui fixe les modalités de remboursement, ainsi qu’une décision du 9 juillet 2026 qui fixe le taux de participation de l’assurée.

À lire Comment fonctionne le remboursement mutuelle : explication claire et précise

Cette mesure s’inscrit dans la lutte contre la précarité menstruelle, thème sous lequel Service-Public range sa fiche. Elle a mis plusieurs années à se concrétiser entre le vote de la loi, fin 2023, et l’entrée en vigueur, le 1er octobre 2026.

Ce qu’il faut vérifier sur son contrat #

Pour une assurée de moins de 26 ans, trois questions suffisent à faire le point avec sa complémentaire : le contrat prévoit-il de couvrir le reste à charge sur ces produits, cette prise en charge est-elle plafonnée, et faut-il fournir un justificatif particulier en plus de la facture de la pharmacie ?

Pour une bénéficiaire de la C2S, la prise en charge à 100 % annoncée par les sources officielles dispense de cette démarche, dans la limite des deux produits par an.

Enfin, le dispositif reste récent. Les conditions détaillées et la liste des produits admis peuvent évoluer : la fiche Service-Public et les sites des agences régionales de santé restent les références à consulter avant d’acheter.

Les Mutuelles Santé est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Remboursements Santé

Sites partenaires — Santé & Bien-être : Osteopatheaixlesbains · Pause Cbd · Cherche Une Bonne Mutuelle
En savoir plus : développeur full-stack freelance · forfaits de référencement Google