Le répit aura été de courte durée. Alors que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 est en plein examen parlementaire, avec un vote final attendu en décembre, les intentions tarifaires des complémentaires santé se précisent. Et elles ne vont pas dans le sens du portefeuille : les hausses annoncées pour 2027 s’annoncent parmi les plus fortes de ces dernières années.
Plan de l'article
Jusqu’à 8 % de hausse médiane annoncée #
Le signal le plus net vient du baromètre du cabinet d’actuariat Addactis, dévoilé le 21 septembre et détaillé par JeChange. Les organismes interrogés envisagent une hausse médiane de 8 % sur les contrats individuels en 2027, dans une fourchette allant de 5 % à 10,8 %. Les contrats collectifs d’entreprise ne sont pas épargnés : 8,3 % en médiane, entre 4,1 % et 10,8 %.
La comparaison avec l’an dernier donne la mesure de l’accélération : pour 2026, le même baromètre tablait sur +5 % en individuel et +6,2 % en collectif. Un second cabinet, Facts & Figures, confirme la tendance avec une prévision d’environ +7 % sur les seuls contrats individuels, hors effet de l’âge.
À lire Culottes et coupes menstruelles remboursées : ce que la mutuelle peut couvrir après les 60 %
Ce que cela représente concrètement
Pour un assuré qui paie aujourd’hui 150 euros par mois — un ordre de grandeur courant chez les retraités —, une hausse de 8 % représente environ 144 euros de plus sur l’année. Les contrats individuels sont justement ceux des publics sans employeur pour partager la facture : retraités, indépendants, demandeurs d’emploi.
Pourquoi la facture s’alourdit #
Premier moteur : les transferts de charges de l’Assurance maladie vers les complémentaires. Des décrets publiés cet été font basculer entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros de dépenses vers les mutuelles, selon l’estimation de la Mutualité Française citée par JeChange. Exemple le plus parlant : au 1er janvier 2027, la prise en charge des soins dentaires par l’Assurance maladie passera de 60 % à 50 %, et plusieurs médicaments voient leur taux de remboursement réduit. Ce que la Sécu ne paie plus, la complémentaire le paie — et le répercute sur les cotisations.
Deuxième moteur : la fiscalité. La contribution exceptionnelle de 2,05 % sur les cotisations, créée par le budget 2026, est reconduite dans le projet pour 2027. Le gouvernement en attend 1,1 milliard d’euros, comme le détaille l’analyse du texte budgétaire. Les parlementaires peuvent encore modifier ce taux, le limiter ou le supprimer d’ici au vote final : c’est l’une des inconnues des prochaines semaines.
Cinq années de hausses cumulées #
Cette nouvelle vague s’ajoute à une série déjà lourde. Selon les chiffres de la Mutualité Française repris dans le baromètre, les cotisations ont augmenté de 3,4 % en 2022, 4,7 % en 2023, 8,1 % en 2024, 6 % en 2025 et 4,3 % en 2026. Cumulé, un contrat facturé 100 euros en 2021 approcherait les 140 euros en 2027.
Le poids de la complémentaire varie en outre fortement avec l’âge. D’après les données de la DREES citées dans le même article, la prime moyenne d’un contrat individuel s’élevait en 2021 à 33 euros par mois à 20 ans, 104 euros à 65 ans et 146 euros à 85 ans. Les hausses en pourcentage frappent donc d’abord ceux dont la prime de départ est déjà la plus élevée.
Comment limiter la casse #
Face à des intentions tarifaires qui ne sont pas encore des hausses notifiées, quelques réflexes s’imposent dès maintenant.
D’abord, attendre le courrier annuel de votre organisme : chaque assuré recevra la hausse réelle de son contrat, qui peut s’écarter sensiblement de la médiane du marché. Ensuite, réexaminer ses garanties. Beaucoup de contrats embarquent des niveaux de couverture surdimensionnés — chambre particulière, dépassements d’honoraires élevés — que l’on paie sans les consommer.
Enfin, faire jouer la concurrence. Depuis la résiliation infra-annuelle, un contrat de complémentaire santé peut être résilié à tout moment après un an d’engagement, sans frais ni justification. Un écart de 8 % sur une cotisation annuelle justifie largement une mise en concurrence sérieuse, garanties équivalentes à l’appui. Le verdict parlementaire de décembre dira si la facture 2027 peut encore être allégée ; votre contrat, lui, peut l’être sans attendre.
À lire Wegovy en comprimé : arrivée en pharmacie le 2 novembre, sans remboursement




